Colloque international de l’UPR ADISUDS : penser les transitions par le « passage de frontières »
Le 6 février 2026, l’ISTOM a accueilli le colloque scientifique international organisé par l’Unité de Recherche de l'istom, thématique : passage de frontières. Cette journée a permis de réunir 73 participants, parmi lesquels des chercheurs français, belges, tchèques et brésiliens, ainsi qu’une participation importante des promotions 3A et 4A de l’ISTOM.
Une réflexion pluridisciplinaire sur les transitions
Le colloque s’inscrit dans la démarche scientifique de l’Unité Propre de Recherche en Agro-Développement et Innovations aux Suds (UPR Adisuds). Nous avons souhaité questionner les défis liés à ces transitions à travers des questionnements pluridisciplinaires.
Dans le contexte des recompositions des systèmes agricoles et territoriales dans les Suds, la notion de frontière ne peut plus être pensée comme une limite définie séparant des entités homogènes notamment à travers les disciplines, espaces, institutions ou cultures. Elle s’impose désormais comme un cadre d’analyse pertinent pour comprendre les hybridations, les divergences et les combinaisons à l’oeuvre dans les dynamiques de transition. Le passage de frontières devient ainsi un outil qui interroge l’articulation entre les savoirs, les pratiques et les territoires.
La journée a été construite pour refléter cette logique, alternant présentations, échanges et moments conviviaux.
Benjamin Chemouni (UCLouvain) a ouvert le colloque avec une intervention sur la construction de l’État et les politiques publiques au Rwanda, illustrant les dynamiques de gouvernance à travers le concept de climatisation. Pavla Hejcmanová (Czech University of Life Sciences Prague) a ensuite présenté ses travaux sur les herbivores au Sénégal, soulignant l’importance de l’interdisciplinarité pour l’écologie et la conservation. La matinée s’est poursuivie avec la première poster session, qui a permis la présentation de 16 contributions scientifiques couvrant diverses thématiques liées aux systèmes agroalimentaires et aux dynamiques territoriales.
Tom De Mil (Université de Liège, Gembloux Agro Bio Tech) a ensuite proposé une approche multi-échelle des peuplements forestiers tropicaux au Congo, combinant dendrochronologie et analyse historique. L’après-midi a permis de poursuivre ces échanges avec Joost Wellens (Université de Liège, Gembloux Agro-Bio Tech), qui a présenté les transitions agro-hydrologiques au Burkina Faso à travers une approche socio-technique, reliant pratiques locales, décisions publiques et ingénierie. Enfin, Michel Vaillant et Ludovic Andres (ISTOM, UPR ADISUDS) ont partagé leur expérience de conception participative d’une formation en développement durable dans le cadre d’un partenariat franco-bosniaque. La journée s'est clôturée par une table ronde sur la passage de la science à l'action avec trois panelistes, Fabienne Leloup (UCLouvain), Ibra Touré (Cirad), Charline Range (Gret) animé par François doligez (IRAM) à rajouter en fin de paragraphe suivant.
Les étudiants ont également présenté leur thématique de MJE (bureau d’étude), offrant un bel aperçu de la recherche appliquée et de l’implication des futurs ingénieurs dans les problématiques des Suds. La journée s’est conclue par une table ronde réunissant l’ensemble des intervenants et participants autour de la question : « En quoi le dialogue entre disciplines permet-il de mieux saisir et d’accompagner la complexité des acteurs et des territoires dans les Suds ? », suivie d’un moment d’échanges informels autour d’un verre de l’amitié.
Cette rencontre a confirmé la pertinence d’une approche transversale et collaborative, où chercheurs, étudiants et professionnels se retrouvent pour réfléchir et expérimenter ensemble. Le colloque a également permis de renforcer les liens entre institutions partenaires et de valoriser les contributions des étudiants et jeunes chercheurs.